Expulsions massives de migrants subsahariens d’Algérie

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Avec plus de 5000 migrants expulsés au cours des 6 premiers mois de l’année 2019 la répression qui reste à l’œuvre et d’actualité en Algérie, à l’encontre des étrangers et plus particulièrement vis-à-vis des subsahariens est montée d’un cran. Plus de 90 % de ces derniers sont des Nigériens accusés de mendier dans les rues des grandes villes algériennes, le restant serait originaire d’Afrique centrale.

Mais, mis à part les citoyens d’Afrique tout le monde semble y passer chez les dirigeants algériens, en atteste de cette amère réalité, ces centaines de Syriens, Yéménites et Palestiniens déportés en 2018 à proximité de la frontière du Niger et du fameux « point zéro » (en plein désert, aux abords d’In Guezzam, à 400 km au sud de Tamanrasset et 2 300 km d’Alger) qui avait provoqué moult inquiétude et indignation de par le monde.

Auparavant, avant que d’être relâchés dans la nature, les migrants avaient été détenus momentanément dans un centre de rétention de Tamanrasset, condamnés en cela par un tribunal à trois mois de prison avec sursis pour, entrée illégale sur le territoire algérien. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) à l’occasion en était sorti de ses gonds en décriant ces états de fait.

Mais là, est une histoire antérieure à ce qui se passe actuellement. ObserverAlgérie se basant sur les dires de RFI et de ses pertinences habituelles avance que depuis plusieurs mois, « une campagne généralisée d’arrestations arbitraires, suivies d’expulsions collectives et massives, a frappé l’ensemble des migrants originaires d’Afrique subsaharienne, se trouvant sur le territoire national ».

Avocats, journalistes, et autres activistes algériens, ont demandé aux autorités du pays ou à ceux qui sembleraient veiller actuellement à ses intérêts, dans un appel « Nous sommes tous des migrants » lancé une fois de plus, à l’initiative de la Ligue algérienne de défense des droits humains (LADDH), de respecter le droit international sur l’accueil, le droit d’asile et les pratiques d’expulsion massives.

Depuis octobre 2017, chassés d’Algérie et abandonnés au poste-frontière sans eau ni nourriture, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont forcés, de traverser le désert du Sahara à pied avant que de rejoindre des camps d’accueil au Niger. Les migrants ressortissants d’Afrique subsaharienne en situation irrégulière en Algérie sont estimés à environ 100.000 par les ONG.

Par ailleurs, et dans cet ordre d’idées, on soupçonnerait l’Algérie de s’être transformée en un centre secret de réadmission des migrants irréguliers expulsés de l’Europe. En effet, nombre de ces derniers seraient détenus pendant une durée de six à quinze mois dans commissariats de police, Alger en serait friande, semble-t-il.

Il s’agirait d’étrangers qui ont été expulsés des capitales européennes avec des laissez-passer en bonne et due forme, délivrés par les autorités consulaires d’Algérie. De là, à là, il n’y a qu’une étape de 2500 km à accomplir pour comprendre l’engouement de l’Algérie à expulser les étrangers vers une zone limitrophe du Niger (Assamaka), la plus redoutée par les migrants.

Ces expulsions à tout va, l’Algérie les légitime par l’accord passé en ce sens avec les autorités nigériennes.

M.J.K

14 août 2019 |

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