Hommage à Tayeb Belloula : Militant, journaliste et avocat

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Avec le décès en mai dernier de maitre Tayeb Belloula, le Barreau d’Alger a perdu une de ses figures les plus reconnues et les plus estimées. Né en 1938, après des études primaires et secondaires, il décroche une licence en droit à l’université d’Alger. Militant pour la cause nationale, il fut promu jeune chef de Kasma et membre permanent de la Fédération de France du FLN.

L’indépendance acquise, il est le fondateur et le premier rédacteur en chef du journal Al Chaab, devenu par la suite Le Peuple, un quotidien né le 19 septembre 1962.  Tayeb Belloula a suivi un stage à la Tribune de Genève, grâce à une bourse accordée par la Confédération helvétique, une formation qu’il a dû écourter pour rejoindre l’équipe du journal. Il a restitué avec détail et une certaine émotion, les circonstances dans lesquelles ce journal a vu le jour, au moment où l’Algérie venait à peine de recouvrer sa souveraineté.
A l’époque, il y avait deux journaux concurrents : La Dépêche d’Algérie et Alger Républicain.  Les autorités ont demandé au directeur de l’Echo d’Alger de remettre les clés des locaux situés au 20, rue de la liberté à Alger. Mais, dira Tayeb Belloula, avant de nous installer, une équipe est venue inspecter les lieux.
C’est alors qu’elle a découvert une bombe dissimulée dans la rotative, programmée pour exploser au moment de l’impression du journal. Pour lui, la création d’un journal, deux mois après l’indépendance était un véritable pari. Cette publication était distribuée à travers presque tout le territoire national et à l’étranger.
Tayeb Belloula est resté reconnaissant au directeur général, M. Salah Louanchi, un homme respecté pour sa sagesse et sa modestie, qui a mis toutes ses qualités au service du journal. Une réforme de la presse prévoyait la fusion du journal Le Peuple avec Alger Républicain. Au lendemain du 19 juin 1965, les deux titres ont disparu des étals, les deux rédactions ont été intégrées au journal El Moudjahid.

Un avocat consciencieux

Avocat et bâtonnier pendant deux mandats,  il eut à plaider de nombreux dossiers parmi lesquels figuraient des affaires importantes et sensibles. A ce propos, il a écrit un livre passionnant intitulé prosaïquement «Le procès Zeghar». Sérieux et documenté, il montrait à quel point le dossier judiciaire de Messaoud Zeghar était vide.

L’auteur, dont l’expérience dans les prétoires s’étale sur plusieurs décennies souligne que ce procès, fut l’un des plus marquants de sa carrière. Tayeb Belloula a toujours fait preuve d’une activité débordante. Ancien médiateur du gouvernement algérien (couples algéro-français), membre fondateur de la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme et vice-président, membre de la Commission Nationale de Réforme de la Justice, il est également le fondateur des revues «El Mouhamat» du Barreau et de la Revue du Travail. Il a été également vice-président de l’Union Internationale des Avocats.  Son fils, l’avocat Nabil Belloula, agréé près la Cour suprême et le Conseil d’Etat, principal collaborateur du défunt, veille sur la sauvegarde de la renommée du cabinet Belloula, fondé en 1970.

Tayeb Belloula est l’auteur de plusieurs ouvrages : De l’organisation socialiste des entreprises – Droit du travail – Droit pénal des sociétés commerciales – Responsabilité pénale des dirigeants – Rupture de la relation de travail (en collaboration avec Djamel Hassan Belloula) – Droit  pénal des  affaires et des sociétés commerciales – Le syndicalisme en Algérie –
La Sécurité sociale en Algérie – L’émigration algérienne en France. La participation des travailleurs à la gestion de l’entreprise – Pour l’instauration d’un nouvel ordre international de la communication et de l’information.

Source: El Moudjahid

2 juin 2020 |

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