Les Avocats Entament les 4 Jours de Boycott des Juridictions

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Dès aujourd’hui, le boycott des juridictions par les avocats entrera en vigueur, et ce, pour une durée de 4 jours, ainsi que décidé le 6 mars dernier par l’Unba (Union nationale des barreaux d’Algérie), lors d’une réunion extraordinaire. Tout en exigeant «le respect de la Constitution» et «des libertés collectives» ainsi que «l’invalidation de la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat», l’Unba a appelé les avocats à observer, aujourd’hui à 10h30, des sit-in de protestation à travers tous les tribunaux et toutes les cours.

Lors de sa réunion du 6 mars dernier, l’Unba, après avoir salué le mouvement de protestation populaire contre le 5e mandat, a demandé «le report de l’élection présidentielle, l’instauration d’une période de transition ne dépassant pas une année, dirigée par un gouvernement neutre, consensuel, qui assurera l’organisation du scrutin présidentiel dans un cadre transparent et crédible, et dans des conditions plus sereines». Lui emboitant le pas, le barreau d’Alger, dont il fait partie, a, quant à lui, organisé une marche de près d’un millier d’avocats vers le Conseil constitutionnel, qui scandaient, jeudi dernier, des slogans appelant au respect de la Constitution et contre le 5e mandat. Hier, c’était au tour des magistrats de créer une brèche dans une corporation plombée par la loi de l’omerta.

Ainsi, le Club des magistrats (une organisation syndicale en voie de création) vient de publier son deuxième communiqué dans lequel, tout en «saluant» les marches populaires et «en prenant acte» des slogans appelant au respect des lois et de la Constitution, elle a exhorté ses membres, «plus d’un millier», lit-on, «à organiser ce lundi (aujourd’hui, ndlr) des rassemblements dans l’ensemble des juridictions pour réclamer un  Etat de droit  et une justice indépendante, ainsi que revendiqué par le peuple algérien».

Dans ses deux communiqués, le Club des magistrats, expliquant qu’il «n’est pas apparu» dans le sillage des mouvements de protestation populaire, précise : «Nous militons depuis janvier 2013, à la suite de la grève de la faim de certains de nos collègues et en 2016, nous avions tenté de créer une organisation syndicale, mais les sanctions et la pression dont ont fait l’objet certains magistrats ont poussé beaucoup d’entre nous à être plus discrets (…) Aujourd’hui, nous estimons que la violation de la Constitution de manière flagrante reflète l’esprit de dénigrement de toute la société.

De ce fait, nous appelons les magistrats à rejoindre cet élan pour un Etat de droit et une justice indépendante et prendre part aux rassemblements de protestation prévus devant les juridictions du pays (…) et de montrer ainsi que nous sommes tous en tant que magistrats, du peuple et pour le peuple (…) Nous annonçons également que nous n’accepterons pas de prendre part ou de diriger l’opération électorale, si elle se tient, du fait que la volonté du peuple reste la source de tous les pouvoirs…. ». Les deux communiqués ont suscité la mobilisation du Snm (Syndicat national des magistrats), que dirige Djamel Aidouni depuis 2004, et dont le bureau a été convoqué hier pour une réunion devant déboucher sur un compte rendu.

En tout état de cause, les activités des tribunaux et des cours seront dès aujourd’hui boycottées par les avocats (à l’exception de l’examen des affaires liées à des délais), alors que des sit-in marqueront cette première journée de protestation, à laquelle a appelé l’Union des barreaux d’Algérie.

Par Salima TlemcaniS

11 mars 2019 |

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