Mohamed Seddik Benyahia : Une fresque en hommage au grand homme

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Le visiteur du quartier El Akabi à Jijel ne manquera sûrement pas de tomber face à face avec une fresque murale, peinte sur la façade d’un immeuble par un artiste de 29 ans, Damo, de son vrai nom Abdelkrim Boukrit.

La fresque représente au premier-plan un portrait de Benyahia, jeune et, en arrière-plan, un avion Grumman littéralement coupé en deux par une explosion – causée par un missile irakien.

Le dessin est orné en bas à gauche par une inscription en arabe : On ne t’oubliera pas – 3 mai 1982. Le but est d’incruster dans la mémoire de la nouvelle génération qui connaît peu de choses sur cette personnalité. «Ce qui m’a poussé à faire cette peinture, nous dira Damo, c’est d’encourager les jeunes à fouiner pour mieux le découvrir.» Il dira avoir sciemment reproduit une photographie de jeunesse, avec un sourire à peine esquissé : un regard juvénile et patriotique.

C’est un autre hommage de la ville natale de Mohamed Seddik Benyahia à cet illustre militant et ministre dont le nom trône sur les frontons de l’hôpital et l’université de Jijel. Né le 30 janvier 1932 à Jijel, diplômé de la faculté d’Alger, le jeune avocat participe à la création de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema), fait partie de la délégation du FLN à la Conférence afro-asiatique de Bandung en avril 1955 et se retrouve parmi les 17 membres suppléants du Conseil national de la révolution algérienne (Cnra) à l’issue du Congrès de la Soummam du 20 août 1956. Le 7 avril 1959, il se rend avec la délégation du Gouvernement provisoire de la république algérienne (Gpra) aux Indes en compagnie du président Ferhat Abbas, de Benyoucef Benkhedda et du représentant à New Delhi, Chérif Guellal.

Il participe aux côtés de maître Ahmed Boumendjel et Benamer Hakiki aux premiers entretiens de Melun entre le Gpra et le gouvernement français, du 25 au 29 juin 1960. Il sera aussi parmi les négociateurs des accords d’Evian jusqu’à leur signature en mars 1962.

Après l’indépendance, il sera ambassadeur à Moscou avant de rejoindre le même poste à Londres, puis d’intégrer en octobre 1966 le gouvernement de Boumediene pendant près de 4 années, ministre de l’Information, puis ministre de l’Enseignement supérieur (près de 7 ans), ministre des Finances durant un peu mois de 2 années, soit jusqu’après la mort de Boumediene, et enfin sous Chadli, ministre des Affaires Etrangères de mars 1979 à sa mort.

Le sort a voulu qu’une année après le crash d’avion au Mali, fin 1981, duquel il a miraculeusement échappé, il trouve la mort dans l’explosion de son avion. Entre 1980 et 1981, Benyahia et son équipe de diplomates ont durement travaillé pour dénouer l’épineuse crise des 52 otages américains à Téhéran après 444 jours de rétention dans leur ambassade par les étudiants iraniens. Les otages arrivent à Alger le 20 janvier 1981, quelques minutes après le discours d’investiture du président Ronald Reagan.

L’universitaire et journaliste Abdelaziz Boubakir racontera lors d’un forum d’El Hiwar ce que Chadli Bendjedid lui avait avoué un jour : «Si j’avais 6 personnes comme Benyahia, j’aurai fait de l’Algérie une force régionale» qualifiant même la disparition de son ministre des affaires étrangères comme la perte de son bras droit.

Source: Fodil S

21 décembre 2021 |

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